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 « La vie était un long fleuve mouvementé » - Le chant de mes nuits continuera de résonner dans la brume du matin.

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♔ Guerrier de Jadisde la Contrée d'Éden
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Chant Oublié♔ Guerrier de Jadis
de la Contrée d'Éden
Messages : 2Date d'inscription : 07/11/2015
MessageSujet: « La vie était un long fleuve mouvementé » - Le chant de mes nuits continuera de résonner dans la brume du matin.    Sam 7 Nov - 3:50


Chant Oublié
« C'est dans la nuit que tu entendras mon murmure qui s'amplifiera, mais c'est le matin que tout recouvra son sens et que tu réaliseras, prendre conscience que je n'avais je ne me pourrais m'éteindre, me contraindre à n'être plus rien, pour ce Clan qui était mon destin. »
Description Chant Oublié est un matou qui, de son vivant, avait toujours gardé sa carrure de guerrier, malgré son âge avancée. Ainsi, il peut facilement se faire passer pourchasseur, mais la sagesse de ses yeux bleus ne trompe pas. Il a un long pelage noir, mais la touffe au bout de ses oreilles triangulaires est blanche ainsi que le bout de ses pattes et de sa queue et aussi le contour de sa truffe. Mais ce qui le distingue vraiment des autres, ce sont ses cicatrices. Il en est couvert. Auparavant guerrier très loyal et féroce, il s'est récolté multitudes de blessures de guerres à commencer par son oreille droite qui manque le bout. Il a une patte tordue qui le fait boiter et sa queue est couverte de longues griffures. Son œil droit est traversé de trois longues marques de griffes, l'ayant laissé borgne de son vivant, mais son œil s'est rétabli à sa mort, malgré les griffures restées. Son flanc gauche garde une profonde entaille dont nul sauf le possesseur connait l'origine. Son dos aussi est parsemé de petites entailles, certaines plus longues que d'autres ou plus profondes. Son cou est lui aussi cerné de cicatrices et une touffe de poils manque même. Son épaule droite garde la trace de crocs. L'ancien avait perdu sa force et son agilité, mais il parvenait encore à se déplacer, ce qui s'est également rétabli à sa mort. Ses muscles sont, pour certains, tordus également, mais désormais au Clan des Étoiles, la douleur n'est plus.
Caractère Un caractère, c’est quelque chose qui nous définit n’est-ce pas? Un caractère, c’est important. Mais pourquoi tant tenir à définir ce qui fait partie intégrante de notre vie? Oui? Alors soit…Parlons de notre protagoniste, Chant Oublié. Il est…lui. Il sera toujours lui. Tout le monde est soi, mais ce n’est pas ce que vous voulez savoir n’est-ce pas? Soit, je vous dirais ce que vous voulez savoir, même si la curiosité n’est pas la meilleure qualité. Et par chance, Chant Oublié n’est pas de nature curieuse, il laisse les choses aller, comme elles le veulent, sans chercher à comprendre leur nature, sans vouloir comprendre, parce qu’il a suffisamment compris de choses dans sa vie et maintenant, il se délaisse des explications. L’ancien est également adorable…enfin, seulement avec les chatons quoi. Parce que les chatons sont synonymes de vie, d’innocence, mais aussi d’autre chose… Comme un peu ceux qui préservent la vie, lui permettant de continuer à exister, à persister. Il est un peu comme le grand-père de tous les chatons, il les protégeaient - maintenant les surveillent - et il lui plaisait absolument de leur raconter des histoires encore et encore, que ce soit celles entourant sa vie, ou encore d’autre, qui viennent des histoires que les doyens racontaient dans sa Tribu, ou celles que les anciens racontaient ici. Même si sa voix s’éteignait souvent, rauque, il racontait. C’est ce qu’il a toujours su faire de mieux, raconter. Parce que pourvue d’une mémoire exemplaire, il se rappelait et rappelle de beaucoup, beaucoup trop. Le matou est aussi assez patient, râleur par moment bien évidemment. Mais aussi, il est très indépendant, de son vivant, il n'avait jamais laissé son Clan le considérer comme un incapable à la chasse et pour patrouiller, et s’était acharné encore et encore dans la forêt à attraper une proie, malgré la douleur qui lui vrillait les membres. Farouche, il n'aurait jamais laissé un membre de son Clan se faire tuer sans tenter de l’aider, sans chercher à se sacrifier pour lui sauver la vie. Mais…à tout protagoniste son côté sombre. Et celui de l’ancien était, est et serait bien sombre. En effet, parfois, il lui arrive de changer du tout au tout, de ne plus être cet ancien respecté, et de perdre un contrôle. Il devient alors différent. Il est…hors de portée. L’ancien peut parler à voix basse, marmonner des choses que personne ne comprend, des noms que personne ne connait, et ne réagit pas au monde qui l’entoure. En contrepartie, il peut aussi devenir violent, comme dans une sorte de transe. Dans ces moments, il ne reconnaît personne… si ce n’est son ancien apprenti qui peut parfois le calmer. Et maintenant, Pistache Ambrée. Outre cela, Chant Oublié est incapable d’aimer, si on veut. Il ne connaît plus la joie, le bonheur. Il a tellement perdu dans sa vie, à commencer par sa famille, qu’il s’est quelque peu fermé à tous ces sentiments qui peuvent apaiser un cœur meurtri. Ce matou est plutôt triste en temps normal, toujours… incroyablement mélancolique. Ses pensées tournent vers le passé, vers les pertes. Il est persuadé qu’à chaque fois qu’il va aimer, il perdra. Et ce caractère faisant parti de lui, même mort, il est ainsi. Et même au Clan des Étoiles, il n'a pas confiance en l'amour et pourtant, il aime plus que tout une chatte. Une seule.
MÂLE • 125 LUNES • ÉTOILES • ANCIEN DE LA BRUME• MÉMOIRE EXEMPLAIRE ; PATIENT • MÉLANCOLIQUE ; RENFERMÉ •
Histoire «Chant Oublié, raconte-nous l'histoire de celle-ci! Celle sur ton épaule tu sais?»

Les miaulements excités des chatons agglutinés autour de l'ancien, le seul de la tanière d'ailleurs, l'attendrissait. Les petites boules de poil avaient toujours été friands des histoires de Chant Oublié qui les avait maintes et maintes fois répétés, racontés, mais jamais les petits ne s'en lassaient. Il faut dire que l'ancien avait le don de raconter les histoires de façon à ce qu'on l'écoute attentivement. L'impatience se lisait dans les yeux des chatons de la dernière portée du Clan de la Brume et le vétéran inspira longuement, profitant de l'effet que le début attendu de son récit inspirait.

-Bien mes petits. Vous savez déjà que pour être guerrier, il faut être d'une loyauté sans faille. Moi, j'étais comme ça. Mais ma loyauté me rendait i trépide, féroce d'autant plus que je venais d'être nommé guerrier. La veillée silencieuse avait été si facile à passer pour tellement j'étais excité, comme les puces dans notre pelage que les apprentis doivent nous enlever à nous anciens. Mes premières patrouilles, premiers vraies combats, j'étais si impatient de tout vivre, réellement et par moi-même. Parce que vivre ses expériences en tant que guerriers contrastent avec les expériences que l’on peut vivre avec nos mentors. Alors voilà, cela ne faisait même pas une lune, c’était seulement la veille qu’avait eu lieu mon baptême. J’avais veillé toute la nuit sur le camp, persuadé que j’allais devenir un guerrier hors pair, en ayant même fait la promesse à ma mère morte qui m’observait sans doute depuis la Toison Argentée. C’est ainsi que j’avais passé la majorité de ma nuit, les yeux rivés au ciel, à penser et faire des promesses mentalement. Mon cœur battait si fort que le lendemain matin, je n’avais même pas sommeil. Ainsi, je n’étais pas allé me restaurer et me reposer après ma veillée silencieuse, le lendemain, bien trop pressé de commencer ma vie en tant que guerrier à part entière. Alors j’étais parti directement hors du camp, sans attendre de patrouille ou aller avec un camarde. J’étais si idiot, si inconscient du danger que la forêt pouvait nous offrir.

C’est pour ça que je suis parti sans peur dans le ventre, l’adrénaline et l’envie de tout redécouvrir d’un nouvel œil dans la forêt où se profilait des ombres menaçantes, du moins une. Que j’aurais sans doute aimé ne pas rencontrer. Lorsque mes pattes m’eurent portés dans les marécages, cet endroit si inquiétant et sinistre, j’entendis un bruit. Je m’étais alors retourné vivement, mais rien. Il n’y avait qu’une étrange odeur qui flottait désormais dans l’air, mais aucun chat, aucun prédateur n’était là. Je ne comprenais pas et je commençais à craindre cet endroit de nos territoires. Pourquoi? Pour cette impression incessante depuis que j’y avais posé les pattes d’être observé. Je ne me sentais pas bien maintenant, présentement. Vous sentez-vous bien quand votre mère vous observe?, demanda soudainement Chant Oublié qui sourit un peu quand les chatons affirmèrent que non, alors vous me comprenez quand je dis que je ne me sentais pas bien. En revanche, j’avais le pressentiment que c’était quelque chose de plus sombre, plus grave que la simple inquiétude qu’une mère envers ses enfants. Quelque chose de plus inquiétant, menaçant. Mais je n’en fis pas de cas et j’avais continué de marcher, prudemment, tous mes sens en alerte. Il m’est difficile de dire que même cela ne suffit pas pour me préserver du danger menaçant ma vie, dans les marécages de mon propre Clan, le Clan de la Brume. Alors que je marchais en direction du camp, une masse me tomba dessus.

Elle était forte, si forte que je ne pouvais pas me dégager et soudain, une douleur intense se fit à mon épaule. Les crocs de la bête me transperçait la peau jusqu’au sang et un gémissement s’échappa de ma gorge. La douleur irradiait ma patte toute entière. Je ne savais pas ce qui m’attaquait. Mais je savais que la rage imprégnait l’air. Une rage qui amenait à la vengeance. Mais quelle vengeance? Qu’est-ce que j’avais fait? Qu’est-ce que mon Clan avait fait? Mais avant que je puisse me questionner d’avantage sur la nature de l’attaque, le poids se releva et je me retrouvais de nouveau seul. Que venait-il de se passer? Cette question tournant dans ma tête en boucle, j’étais rentré au camp.


Les chatons regardèrent l’ancien, les yeux écarquillés par la surprise, par l’horreur. Ils ne savaient pas quoi en penser, mais ce qui était sûr, c’est que pour eux, affronter un tel danger laissant de telles cicatrices était chose honorable. Les petits étaient respectueux envers le doyen qui semblait avoir tant vécu, tant ressenti. Une bourrasque de vent fit frémir les chatons et Chant Oublié, connaissant la difficulté à passer la saison froide quand on n’est que chaton, les attira contre lui pour les réchauffer. Les petits se blottirent contre le doyen du Clan de la Brume et fermèrent les yeux un instant avant de les rouvrir, toujours autant énergiques. Ils l’implorèrent de leur raconter maintenant l’origine de son oreille qui a un bout arraché.

-La curiosité a toujours été un vilain défaut, mes chatons. Je l’ai appris en étant apprenti. Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Quel joie d’avoir un chat respecté comme mentor! Vous l’avez compris, c’était peu après mon baptême d’apprenti. J’étais l’apprenti d’un vétéran. Mon nom, à cette époque, était Nuage Chantant. Un beau nom, pour un bel apprenti comme moi. Mais j’étais comme la majorité des chatons, je n’avais pas quitté cet état d’esprit. Toujours curieux, énergique, avide de nouvelles expériences. Vous allez connaître ça, vous aussi, un jour. Mais reprenons le récit comme il se doit. J’étais apprenti, à six lunes seulement et cette journée chaude, au soleil levant, était mon premier entraînement. J’avais dormi, et j’étais prêt à apprendre. Complètement prêt. Peut-être trop même. Mais ça ne changeait rien au fond que j’étais énergique et que j’avais hâte à ma première sortie du camp. J’aurais dû être beaucoup plus sage, ô ça oui, mais les erreurs nous font apprendre ce qui est à refaire et ce qui ne l’est pas. Il n’est pas grave, mes chatons, de faire des erreurs. Ce qui est grave, c’est de les répéter inlassablement. Continuons. Mon mentor m’avait appelé, je l’avais rejoint, les yeux pétillants. J’avais si hâte. Je le suivis donc lorsqu’il me tourna le dos et marcha hors du camp, mais lorsque mes pattes franchirent la dernière parcelle du camp, n’en faisant qu’à ma tête, je me mis à courir. Comme ça. Pour sentir le vent sur mon pelage tout en parcourant la forêt. Tout en étant libre, pas comme un chaton. Mon mentor me cria de l’attendre, mais je n’écoutai pas. Je courais. Ivre de joie. Je courais à travers les territoires, manquant de franchir la frontière qui m’était inconnue lorsqu’un trou attira mon attention. Je n’en avais jamais vu puisque j’étais jamais sorti du camp et en attendant pas mon mentor, je ne pus savoir que c’était la tanière d’un renard, l’ancien arrêta un moment de parler quand il vit tous les chatons retenir leur souffle puis se décida de reprendre, alors en tant qu’apprenti inconscient, je fourrai ma tête dans le trou pour voir et j’eus tout juste le temps de sortir ma tête, le renard se prépara à me croquer le museau. Mais malheureusement pour moi, le prédateur réussit à me mordre le bout de l’oreille. J’eus une chance extraordinaire. Le renard venait tout juste de manger et ne se sentait pas assez en forme pour me pourchasser, alors j’eus la vie sauve, mais mon mentor fut horrifié quand il arriva sur place. Je ne compris que lorsqu’il m’ordonna de le suivre jusque dans la tanière de la guérisseuse de l’époque, pour me soigner. Ainsi, j’avais le bout de l’oreille inexistant.

L’ancien prit un instant pour respirer. Il n’avait plus la même forme qu’avant et ainsi, il ne pouvait plus conter des histoires aussi longuement qu’il l’aurait voulu. Il se rappelait quand il avait reçu son premier et seul apprenti qui était aujourd’hui devenu le chef. Étoile de Mandragore. Jamais il n’aurait pu être aussi fier que cela. Il n’avait eu qu’un apprenti durant sa vie, et celui-ci était devenu le meneur de son Clan. Chant Oublié n’était pas jaloux non, puisqu’il n’avait jamais nourri l’ambition de devenir le chef. Il souhaitait juste une vie tranquille, particulièrement maintenant. Il s’était perdu dans ses pensées, mais les chatons le rappelèrent à l’ordre en lui clamant l’histoire entourant les marques de griffes traversant son œil droit.

-J’avais environ 37 lunes, mon apprenti, que vous connaissez très bien étant le chef d’aujourd’hui, était au camp. Je lui avais donné la journée libre après une soirée bien chargée la veille et moi, j’étais parti chassé seul pour aider le Clan. Parce que la réserve de gibier était dégarnie et nécessitait des chasseurs pour la garnir. Si cela continuait ainsi, les chatons n’allaient pas passer la saison froide. Oui, même dans le temps, la saison froide était horriblement cruelle et difficile à passer. Cela en a toujours été ainsi, c’est la loi de la nature. J’étais content d’avoir un temps à moi parce que j’entraînais généralement mon apprenti, bien que je l’aimais et que nous avions déjà une certaine complicité, il me plaisait de me retrouver seul néanmoins. Il va sans dire que j’étais un guerrier loyal, bien que féroce et pouvant paraître trop ambitieux par moment, et donc j’étais parti chasser. Sans peur, sans doute, sans rien dans la tête autre que le besoin de mon Clan concernant la nourriture. Les reines se faisaient maigres, leurs chatons aussi. J’étais alors dans les terres de mon Clan, à vagabonder à la recherche de ne serait-ce que l’ombre d’un lapin, d’un rongeur, mais rien. Il n’y avait absolument rien.

J’étais si détendu, que jamais je n’aurais pu prévoir une quelconque attaque, un quelconque problème. Et pourtant…dans ce monde, il faut s’attendre à tout. Alors que je me promenais tranquillement, à la recherche de proie, je tombai truffe à truffe avec…un chien. Oui, la bête dont le nom sert à vous rendre ne serait-ce qu’un peu plus sage. Un chien…sans ses Bipèdes. Où étaient-ils? Je l’ignorais, mais par le Clan des Étoiles, j’aurais souhaité qu’ils soient là, prêts à rattraper l’animal bien plus imposant que je ne l’étais alors. Mais ce n’était pas le cas. Et le chien me regardait d’un air si vil, si cruel, que j’en tremblais. Moi, guerrier si courageux, je tremblais devant cet animal. Mais je n’avais pu faire autrement et j’eus raison de le craindre, parce qu’en étant resté là, je lui avais donné le temps suffisant pour tenter une attaque. Mais je l’esquivai. Et de là s’ensuivit une longue bataille, si on peut dire cela. Il chargeait, j’esquivai. Et c’était aussi simple que cela, mais je commençai à m’épuiser et lui, pas. Et je finis par me laisser avoir. Sa patte pourvue de griffes menaçantes s’abattit sur mon visage, laissant ce que vous pouvez voir aujourd’hui et me retirant par la même occasion la possibilité de voir de cet œil. Je vacillai. Et alors que je crus ma dernière minute arrivée, complètement épuisé, gisant sur le sol, mais le maître du chien, ce Bipède, arriva finalement pour prendre le molosse. C’était un immense soulagement pour moi qui avait cru ma dernière heure arrivée.


Les cries horrifiés des chatons donnèrent un sourire sur le visage du doyen du Clan. Ce qu’il aimait raconter des histoires aux petits chats qui prenaient la peine de l’écouter et observaient un respect sans égard envers ce membre si ancien qu’ils pensaient qu’il détenait tout le savoir du Clan, ce qui n’était peut-être pas faux…surtout en considérant son étonnante mémoire qui ne lui faisait bien heureusement pas défaut. Les petits se blottirent encore plus contre le pelage long de l’ancien en lui réclamant cette fois-ci l’origine de sa patte tordue ainsi que des cicatrices dans son cou.

-Commençons par le début. Par les cicatrices qui parsèment mon cou. Commençons par-là, parce que c’est là qu’a commencé mon histoire. Vous savez…même si ce n’est pas très règlementaire, parfois des petits chatons n’étant pas en étant de se défendre et de survivre seuls sont recueillis, parce que même si le code du guerrier régit nos gestes et nos actes, nous apprenant même la loyauté sans faille envers notre Clan, les chats de la forêt ne sont pas des chats cruels, comme certains chats errants que vous pourriez croiser quelque part, ici et là, quand vous serez guerrier, voire même apprenti, ajouta-t-il d’un air grave, les petits ayant le droit de connaître les dangers potentiels de la forêt, et moi…Je suis né bien loin d’ici, quelque part où forêt n’était que légende, que contes racontés aux chatons pour les faire rêver, dans un milieu aride où proies de faisaient souvent rares, et où n’existait pas réellement de saisons, bien loin au-delà d’ici, au-delà du Clan de la Brume. Là, les conditions de vies étaient affreuses, bien plus horribles que durant la mauvaise saison ici. Et nous luttions pour notre survie. Et malgré tout, un code que nous ne nommions pas ainsi régissait nos actes et nous apprenait le respect tout comme ici, avec le code du guerrier. Nous avions nos grades, nos hiérarchies, nos cérémonies, en bref, notre façon de faire, d’être, de vivre en groupe, de chasser. Tout cela faisait de nous une tribu. Nous portions le nom de Tribu de la Brise. Nos ancêtres veillaient aussi sur nous, bien qu’ayant un autre nom, et ne partageaient les mêmes cieux que vos ancêtres, et les miens désormais. Tout était différent et à la fois semblable. Mais cette tribu était si éloignée d’ici… et elle l’est toujours, si bien sûr elle existe encore. Enfin bref, je suis né là-bas, près du pelage chaud de ma mère. Et moi, j’étais insouciant, comme tout chaton se respectant. Je grandis, en faisant des bêtises comme tous, mais un destin différent me fut confié à moi, un destin qu’aucun chaton n’aurait dû connaître. Et pourquoi à moi? Jamais je ne l’eus su. Jamais. Même le Clan des Étoiles, ou encore la Tribu Révolue. Tout a toujours été diffus, trouble. Impossible à comprendre, démystifié. Ma mère, ayant toujours été prévenante et protectrice, m’a un jour poussé à la suivre en dehors de notre repère. J’avais alors quatre lunes, à trois lunes de commencer mon entraînement en tant que novice-chasseur. Parce que nous nommions les apprentis à sept lunes, dans mon ancienne tribu. Je ne comprenais pas. Ni pourquoi ni comment. Ni le pourquoi du comment ou le comment du pourquoi.

Mais cela importait peu la femelle qui m’avait permis de vivre, de voir en ce jour-même les lumières de l’aube, les premiers rayons de ce soleil si chaud percer les nuages. Mais en ce terrible instant, la douceur et la sagesse de ma mère avait laissé place à un côté d’elle qu’elle ne montrait que très rarement et une colère impuissante ainsi qu’une terreur qui effrayait elle-même déformaient le visage auparavant si rassurant de cette couvreuse si courageuse. Elle avait…elle avait flairé un danger que tous se contentaient d’ignorer. Le nouvel instigateur à leur tête était terriblement menaçant. Ils n’avaient rien à craindre d’un quelconque ennemi, nous étions la seule Tribu à oser affronter les conditions difficiles de notre lieu de vie, mais…mais lui faisait du souci à ma mère. Bien plus que des petits soucis, d’ailleurs. Elle craignait… trop de choses. Et alors qu’elle m’avait poussé hors de notre repère, hors des endroits où nous campions, où notre camp avait été établi, mais toujours entre nos terres, entre nos marquages répétés, elle m’avait expliqué que l’avidité du chat, du nom d’Étincelle puisque nos noms étaient bien simples, courts. Et le mien était Mélodie d’ailleurs. Mais bref. Étincelle était trop avide, tout cela le pousserait à mener la Tribu au combat, dans un combat inutile étant donné que notre seul ennemi était lui, un combat pour des terres encore plus éloignées, plus inhospitalières que celles que nous habitions. Et ma mère…elle refusait que j’y perde la vie.

Elle ne savait pas où elle m’apportait. Elle savait juste qu’elle m’y apportait. Nous avons marché longuement, en ligne droite, entrecoupés de petits détours pour effacer nos traces si jamais on nous poursuivait. Le trajet fut long, très long. Je croyais jamais ne parvenir à destination, quelle qu’elle soit, cette destination. J’étais vif, courageux, mais l’espoir naissant laissait déjà place à des cendres. Nous étions affamés, assoiffés. Les flaques d’eau et les proies étaient rares, juste suffisantes pour que nous ne mourrions pas de faim. Et ma mère chassait toujours pour moi. Je ne savais pas. Même si elle tentait de m’apprendre. La fatigue dans nos membres, nos courbatures, tout était élément pour nous distraire. Une lune de voyage voir deux… c’était douloureux. Et un jour, alors que nous nous tenions prêt d’une petite rivière qui coulait incroyablement, ce qui nous rassurait dans notre quête de territoire plus accueillant que notre ancien repère, une bête, un blaireau appris-je plus tard, s’imposa à nous. Ses griffes se refermèrent sur mon frêle coup, mais avant qu’il n’ait pu esquisser le moindre geste, ma mère le percuta de plein fouet en me hurlant de courir. Et c’est ce que je fis. La peur, l’adrénaline et toutes les émotions en moi me donnèrent les quelques forces dont j’avais besoin pour fuir, mais ensuite, dévasté, je m’effondrai. La nuit passa… et je repris ma marche. Affamé, je continuai malgré tout. Le courage de ma mère ne me quittait pas. Et ne me quitterait sans doute jamais. Et je l’avais tant espéré. Deux lunes déjà que nous marchions longuement. Quand tout cela allait-il s’arrêter? Et alors que je marchais, m’arrêtant que pour boire, trop faible pour ne serait-ce que tenter de chasser, moi, Mélodie, je finis par m’arrêter.

Mes pattes tremblaient. Mon cœur battait si faiblement que je craignais qu’il ne cesse de battre dans les minutes qui suivent. Et pourtant, devant mes yeux se déployaient un territoire incroyable. Mais…je perdis connaissance. Trop faible. Trop appauvri, affamé. Incapable de poursuivre le voyage. C’est ainsi qu’une patrouille du Clan de la Brume me retrouva. Je passai encore une lune dans la tanière du guérisseur avant d’entreprendre un apprentissage, car on m’avait déjà accepté dans le Clan. Une méfiance planait, mais j’étais déterminé. Je leur dis mon âge, 7 lunes en l’occurrence, juste l’âge d’être novice-chasseur…mais j’appris vite que c’était différent ici. D’abord, c’était des Clans. Ensuite, la hiérarchie. Tout était différent. Même les cérémonies. Mais j’allais m’y faire. Et je leur donnais aussi mon nom, Mélodie, et de là, je reçus mon nom d’apprenti, Nuage Chantant. Ils ne pouvaient me renvoyer en forêt en sachant que j’allais retourner dans l’état dans lequel j’étais arrivé. Je grandis dans ce Clan, je fis mes preuves et devins même un vétéran, car même sans avoir le sang du Clan, j’étais ambitieux, mais dans le bon sens, et très posé, sage. Un guerrier qui méritait de vivre, d’être. Et peu à peu…les lunes défilèrent. Aujourd’hui, la Tribu de la Brise n’existe sûrement plus. Aucun Clan ne pourrait survivre vraiment longtemps dans un tel climat, même si nous y parvenions, et puis avec Étincelle, la Tribu était menée à la destruction.

Et maintenant… ma patte. Ce n’est pas une longue histoire, elle est même très courte. Ni même honorable, elle conclut ma carrière de guerrier. Toutes les cicatrices que j’avais jusque-là étaient compliquées à gérer. Mais j’y parvenais. Dépourvu d’un œil, je m’étais adapté. J’avais terminé alors la formation de mon unique apprenti, mais Étoile de Mandragore sera toujours ma fierté, et je me promenais hors du camp. Quand le passé te revient de plein fouet, tu es à sa totale merci. Et moi, je repensais à tous ces moments partagés avec le Clan de la Brume, mais aussi à ma naissance. À ma vie d’avant. Et je n’avais pas fait attention au Chemin du Tonnerre, qui malicieux, m’attendait. Et je n’avais surtout pas fait attention au fait que je m’apprêtai par mégarde à traverser une frontière. Mais soit, le monstre, tapi dans le fond, m’attendait inévitablement puisqu’il a foncé sur moi et bien que vivant, une douleur terrible m’élançait dans toute la patte. Et je boitais jusqu’au camp. Après une lune de soin, de tentative pour replacer ma patte, elle resta à tout jamais tordue. Et alors, nous décidâmes qu’il était temps pour, surtout moi, de rejoindre la tanière des anciens. Trop de blessures, ma centième lune approchait à grand pas, et je faiblissais. De Mélodie Lointaine, je devins Chant Oublié.

Concernant les autres cicatrices, mes muscles tordus, mes autres petites entailles et la touffe de poil qui manque, les guerres et les affrontements avec les guerriers ennemis sont les responsables.


Et là s’achevait son histoire. Pourtant, un petit chaton s’avança et posa délicatement sa truffe sur le flanc gauche, ce qui fit frémir l’ancien, et questionna d’une voix fluette : « Mais celle-ci, Chant Oublié?» L’ancien sourit encore tendrement. Il n’y avait que les chatons pour donner le sourire à cet ancien qui avait fait bien plus d’une fois ses preuves. Il inclina la tête et répondit quelque chose de très simple : «Mes enfants, il est tard, allez rejoindre votre mère pour vous reposer.»

Les chatons obéirent, même si le matou avait éludé la question du plus fort, Petit Rocher. Cette histoire demeura toujours secrète, même si son lit de mort. Mais lui, il se rappelait. C’était alors qu’il n’avait que 60 lunes, il s’était entiché d’une femelle solitaire…même s’il savait cela contre le code du guerrier, il n’y pouvait rien. L’amour était cruel. Et cette solitaire lui avait un jour donné rendez-vous. Alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis au moins six lunes. Et elle lui avait manqué terriblement. Mais alors qu’elle s’apprêtait à parler, un groupe de chat errant débarqua sans prévenir. Et ils tuèrent facilement la chatte. Fou de rage, Mélodie Lointaine s’était jeté dans le tas avec toute l’inconscience d’un chaton, mais tous contre lui, ils lui labourèrent le flanc gauche jusqu’à lui percer la peau, et faire couleur bien du sang. Mélodie Lointaine feula, se débattit, et finalement, les chats s’en allèrent sans demander leur reste. Il s’éloigna quelque peu, et lança un appel de détresse avant de perdre conscience. Par chance, une patrouille de chasse passait par là et lui vint aussitôt en aide. Il prétendit avoir tout oublié. Son seul véritable mensonge. Autrement, Chant Oublié sera toujours fidèle à ce Clan lui ayant sauvé la vie. Et aucune rancœur n’était. Juste de la reconnaissance. Et il se sentait à sa place, comme si toujours il avait appartenu à ce Clan. Et c’était presque le cas…maintenant qu’il avait cent quinze lunes et que son ancien apprenti venait parfois lui demander conseil.

[...] 

À ce jour, Chant Oublié est mort, faisant parti du Clan des Étoiles.



Puf Luny
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DC(s) Bah Sing est pas vraiment un DC, mais j'ai Étoile Macabre
Activité Le plus souvent possible
Codes du règlement codes avalés !
Avis sur CD Vous le savez déjà e.e

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MessageSujet: Re: « La vie était un long fleuve mouvementé » - Le chant de mes nuits continuera de résonner dans la brume du matin.    Sam 7 Nov - 11:30

Reuh ! :D:
Voir le profil de l'utilisateur http://lgdc-remember.forumactif.org/



(Petite erreur de ma part, ce n'est pas Croc d'Argent, mais Croc Argenté ! :D: )
Et on peut applaudir Bebeille pour ce fabuleux avataf Sword Art Online !


Mais aussi...:
 


Croc d'Argent regrette le passé en #3366ff
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MessageSujet: Re: « La vie était un long fleuve mouvementé » - Le chant de mes nuits continuera de résonner dans la brume du matin.    Sam 7 Nov - 15:56

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MessageSujet: Re: « La vie était un long fleuve mouvementé » - Le chant de mes nuits continuera de résonner dans la brume du matin.    Dim 8 Nov - 22:24

Re !
Je valide les codes ! :B


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Tu es validée !

Bon jeu sur New Cats Destiny
Le Staff te souhaite officiellement la bienvenue. Tu es désormais un membre à part entière de NCD, mais avant de pouvoir te lancer à la conquête du RP, il va te falloir te rendre dans quelques petits sujets. Pas de panique, voici tout ce que tu dois savoir !

○ En premier lieu, tu dois recenser ton personnage aux effectifs du forum. Pour ce faire, rends toi ici.

○ Dans un second temps, nous avons également besoin d'indentifier chaque chat à son propriétaire dans une liste, rend toi ici pour plus d'informations.

○ Ensuite, si tu fais parti des Clans, tu vas devoir réclamer ton expérience ! Va dans ce sujet pour la recevoir.

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« La vie était un long fleuve mouvementé » - Le chant de mes nuits continuera de résonner dans la brume du matin.
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